Comprendre les opérations sur marge : Un guide de l’investisseur
Tout ce que vous devez savoir à propos de la négociation sur marge et ses avantages.

Introduction
Dans cet article, nous démystifierons les opérations sur marge. La façon la plus simple de penser aux opérations sur marge ou aux placements sur marge consiste à les considérer comme un emprunt destiné à l’investissement. On les appelle également « effet de levier financier ». Ce nom découle du fait que, tout comme un levier en physique permet d’amplifier une force, l’effet de levier dans les placements peut vous permettre d’amplifier les rendements (ou les pertes) possibles d’une opération.
Que sont les opérations sur marge?
Pour effectuer des opérations sur marge, vous avez besoin d’un compte sur marge, qui ressemble à un compte de transactions habituel, mais avec une importante différence : il permet aux investisseurs d’emprunter des fonds (ou des titres) de la plateforme de courtage en fonction des titres détenus dans le compte.
Le prêt sur marge est un type de prêt qui peut être utilisé pour acheter des titres dans votre compte sur marge. En substance, cela permet aux investisseurs d’emprunter de l’argent instantanément pour acheter plus de titres, ce qui peut les aider à augmenter leurs profits potentiels. Cependant, les prêts sur marge comportent aussi un certain niveau de risque, puisque les pertes éventuelles peuvent également s’envoler. Il est important de comprendre comment fonctionne la marge avant de décider si elle vous convient ou non.
Comment fonctionnent les opérations sur marge?
Techniquement, la marge correspond à la différence entre la valeur marchande du titre détenu et le montant du prêt. Vous connaissez bien le concept d’un prêt hypothécaire sur une maison? Supposons que vous ayez acheté une maison de un million de dollars et que votre solde hypothécaire soit de 800 000 $ : la valeur de réalisation nette de la maison est de 200 000 $, soit 20 %. De la même manière, si vous possédiez des actions d’une valeur de 100 000 $, mais que le montant emprunté était de 70 000 $, votre marge est de 30 000 $, soit 30 %. Il s’agit d’un concept important, parce qu’il y a des limites quant au montant que vous pouvez emprunter et à la marge que vous devez avoir dans votre compte.
Exigences minimales liées aux opérations sur marge
Le montant de marge requis pour effectuer une opération sur marge varie en fonction de plusieurs facteurs. Les actions ont des exigences en matière de marge différentes de celles des titres de créance (comme les obligations). De plus, le cours de l’action et d’autres facteurs qui lui sont liés peuvent aussi avoir une incidence sur l’exigence de couverture. Votre courtier publiera un guide sur les exigences de couverture pour tous les types de titres qu’il offre aux fins de négociation, y compris les titres qui ne sont pas admissibles à la marge. Vous pouvez consulter les taux de couverture de BMO Ligne d’action ici.
Prenons un exemple de marge simple pour voir comment fonctionnent les opérations sur marge.
Lorsque nous vérifions l’exigence de couverture pour une action hypothétique XYZ dont le cours est de 50 $, nous constatons qu’elle fait partie de la catégorie des actions nécessitant une marge minimale de 30 %. Supposons que vous ayez 30 000 $ de liquidités dans votre compte sur marge. Le montant de 30 000 $ correspond à 30 % de 100 000 $, ce qui signifie que vous pourriez acheter 100 000 $ d’actions XYZ. Vous engageriez 30 000 $ de votre propre argent, et votre courtier vous prêterait 70 000 $ pour exécuter l’opération.
Comment les opérations sur marge augmentent les pertes et les rendements potentiels
Voyons maintenant ce qui se passerait si notre action XYZ augmentait ou reculait de 10 %. Cela nous donnera une bonne idée de la façon dont les marges amplifient les pertes et les rendements potentiels.
Sans marge, les calculs seraient simples. Si nous utilisions seulement nos liquidités de 30 000 $ pour acheter 30 000 $ d’actions XYZ et que l’action augmentait de 10 %, notre valeur marchande serait de 33 000 $. Si l’action baissait de 10 %, notre valeur marchande serait de 27 000 $. Donc, nous enregistrerions une hausse ou une baisse de 3 000 $, moins les coûts d’exécution des opérations.
Mais pour ce qui est de notre opération sur marge, nous commencerions par détenir 100 000 $ d’actions XYZ. Si l’action augmentait de 10 %, nous aurions 110 000 $. Nous aurions encore une dette de 70 000 $ sur notre prêt et si nous devions vendre notre position et rembourser le prêt, il nous resterait 40 000 $. Nous aurions fait passer nos liquidités de 30 000 $ à 40 000 $, ce qui représente un gain de 33,33 % (ce gain sera réduit par les frais de courtage ainsi que par les intérêts sur les fonds empruntés). Cela peut sembler lucratif, mais pensez à ce qui se produit si l’action XYZ baisse de 10 %. Notre placement initial de 100 000 $ baisse à 90 000 $. Nous avons encore une dette de 70 000 $, de sorte que si nous vendions notre position, il nous resterait 20 000 $ après avoir remboursé le prêt. Nous aurions perdu 33,33 % par rapport à notre position de trésorerie initiale de 30 000 $, et encore une fois, il nous faudrait soustraire les frais de courtage et les intérêts imputés pour l’emprunt de fonds.

Exigences de couverture et appels de marge
Avec un compte sur marge, vous devez vous assurer que votre « pouvoir d’achat » reste supérieur à zéro. Si vous avez ouvert un nouveau compte sur marge et que vous y avez déposé 50 000 $ en espèces, votre pouvoir d’achat est facile à déterminer : il est simplement de 50 000 $. Mais supposons que vous vouliez acheter des titres dont l’exigence de couverture est de 30 %. Cela signifie que la valeur maximale de votre position à l’ouverture pourrait atteindre 166 500 $, puisque vous pourriez verser 50 000 $ en espèces et que la maison de courtage est prête à vous prêter 116 500 $ pour acheter plus d’actions (exigence de couverture de 30 % sur 166 500 $ = 50 000 $). En règle générale, les titres dont l’exigence de couverture est de 30 % vous permettent d’emprunter 3,33/1.
Supposons que vous décidiez d’acheter pour 100 000 $ d’un titre dont l’exigence de couverture est de 30 %, et non pas pour le montant de 166 500 $ que votre pouvoir d’achat vous permet. Votre placement total en actions serait de 100 000 $. Et puisque l’exigence de couverture pour ce placement est de 30 %, cela signifie que la couverture requise est de 30 000 $. Puisque vous aviez 50 000 $ de liquidités avant l’opération, si nous soustrayons cette couverture requise de 30 000 $, votre pouvoir d’achat restant est maintenant de 20 000 $.
Il est important de surveiller votre pouvoir d’achat. Si vous utilisez beaucoup de marge ou si vos positions perdent de la valeur, il est possible que ce chiffre devienne négatif. Dans ce cas, vous seriez confronté à ce qu’on appelle un « appel de marge ». Votre courtier peut vous demander de déposer plus d’argent dans votre compte ou de vendre des titres pour que votre pouvoir d’achat sorte du territoire négatif.
Avantages et inconvénients des opérations sur marge
Il doit être clair que les opérations sur marge peuvent amplifier les gains ou les pertes. Un compte sur marge vous permet aussi d’accéder instantanément aux fonds empruntés. Comme pour tout prêt, il y a des intérêts à payer sur les fonds empruntés, ce qui pèsera sur vos rendements, mais le taux d’intérêt facturé par les courtiers est généralement très bas. En effet, il s’agit de prêts garantis – les titres achetés servent de garantie, ce qui réduit le risque pour le prêteur par rapport aux prêts non garantis qui facturent des taux d’intérêt beaucoup plus élevés.
L’un des plus grands risques à connaître est la façon dont les appels de marge peuvent influer sur votre rendement lorsque vos opérations ne vont pas dans la direction que vous aviez espérée. Dans le cadre d’une approche d’achat et de conservation sans marge, si une action perd de la valeur mais que vous faites preuve de patience, vous pouvez conserver votre position dans l’espoir de voir le cours de l’action retrouver sa valeur. Mais avec une position sur marge, si vous faites l’objet d’un appel de marge, on peut vous demander d’ajouter plus de liquidités, pour maintenir votre position ouverte, ou de liquider partiellement votre opération à un moment potentiellement inopportun afin de maintenir le pouvoir d’achat de votre compte au-dessus de zéro.
Pour réduire le risque lié aux appels de marge, vous pourriez envisager les stratégies suivantes :
- L’utilisation de la marge avec un portefeuille diversifié est généralement moins risquée que l’utilisation de la marge avec des positions sur titres individuels.
- Vous n’avez pas à emprunter le montant maximal permis. Garder une bonne marge de manœuvre dans votre pouvoir d’achat vous permet non seulement de réduire le risque lié aux appels de marge, mais aussi de saisir les occasions en cas de repli du marché.
- Vous pourriez en apprendre davantage sur les stratégies d’atténuation des risques, comme les ordres stop de vente et les ordres stop de vente à plage de déclenchement, que vous pourriez utiliser parallèlement à la marge pour limiter les pertes ou immobiliser les gains.
Exemples d’utilisation de marge
Pour les bons investisseurs et les situations pertinentes, emprunter pour investir pourrait permettre une plus grande souplesse dans la gestion des flux de trésorerie. Par exemple, supposons que vous ayez des dépenses personnelles et que vous songiez à vendre des actions pour les financer. Vous pourriez plutôt emprunter sur ces titres. Par ailleurs, si vous obtenez normalement une prime de fin d’exercice, mais que le marché subit une correction au début de l’année, vous pourriez utiliser la marge pour saisir l’occasion possible et couvrir votre prêt lorsque vous recevrez votre prime. Bien entendu, certaines personnes peuvent avoir recours à l’effet de levier simplement parce qu’on s’attend à ce que le coût d’emprunt soit inférieur au taux de rendement des titres empruntés.
Autres caractéristiques des comptes sur marge : vente à découvert et opérations sur options
L’ouverture d’un compte sur marge est la première étape vous permettant de vendre directement un titre à découvert, ce qui signifie que vous vendez d’abord une action dans l’espoir de la racheter plus tard à un prix inférieur pour conclure la transaction. Cette opération vous permet de faire de l’argent lorsqu’une action perd de la valeur. Dans les faits, vous essayez d’acheter lorsque les prix sont bas, puis de vendre lorsque les prix sont élevés, mais, à l’inverse, vous espérez d’abord vendre lorsque les prix sont élevés, puis racheter plus tard lorsque les prix sont bas. Pour ce faire, il faut emprunter le titre à la maison de courtage.
Réflexions finales
Habituellement, il n’est pas recommandé aux investisseurs débutants de négocier sur marge. Même de nombreux investisseurs chevronnés renoncent à utiliser la marge ou d’autres types d’effet de levier pour leurs placements. Les marges ne sont en aucun cas des outils obligatoires pour réussir en tant qu’investisseur. Toutefois, si vous avez une tolérance élevée aux pertes et que vous êtes capable de les supporter facilement, et que vous avez pris le temps d’en apprendre plus sur les notions de base des placements, vous pourriez être curieux de savoir si la marge vous convient. Si vous faites partie de cette catégorie, nous espérons que vous aurez une meilleure idée non seulement des possibilités d’augmentation des rendements qu’offrent les marges, mais aussi des risques de baisse.
Pour en savoir plus sur l’utilisation des marges, consultez le centre d’information de BMO Ligne d’action et regardez le cours gratuit sur les stratégies de négociation avancées, qui comprend des exemples visuels de marge et d’opérations sur marge.
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